Louis Napoléon Bonaparte fut notre premier Président de la République. Il entra en politique en écrivant un célèbre texte que l'on réécrit, mais sous un autre titre et avec d'autres mots, quand on veut se faire élire aujourd'hui. Relisez-le c'est « l'Extinction du paupérisme ». Vous le trouverez aisément sur Internet.

Près de deux siècles plus tard le paupérisme n'est pas éteint. La démographie ayant toujours le dernier mot on peut même craindre que le paupérisme soit en voie d'embrasement. Dîtes-le. Mais avec précaution. Il y a des gens qui croient que la France est riche alors qu'elle croule sous sa dette et son déficit commercial. Et ils ne savent pas que la France n'a pas assez de riches assez riches pour enrichir tous ses pauvres.

 

« À Malin, malin-et-demi », dit un proverbe populaire. Nous avons même vu naguère l'équipe victorieuse des élections atteindre le niveau malin-trois-quarts sur l'échelle des riches terres politiques.

La malignité finit par transparaître sous les proclamations, les patenôtres et autres éléments de langage. Il est bien normal que toute communication soit commentée et puisse être critiquée. Mais d'autres gros malins, tronquent les idées, déforment les propos, font semblant de ne pas comprendre. Et il se trouve toujours des gogos pour gober tous discours ou pour leur répliquer sans nuance, les dupliquer en les falsifiant, les contester sans raisons, s'en gaudir sans finesse, s'en indigner sans dignité.

La toute récente polémique sur la responsabilité qui vient d'occuper la classe politique et les médias sont un bel exemple de ce que peut produire la confrontation des préjugés partisans.

Nous ne cachons pas que certaines idées en vogue ne nous enthousiasment guère. Mais que le Président veuille responsabiliser tout le monde n'avait pour nous rien de choquant et répondait à ce que nous attendons de lui.

Voici pour preuve un extrait de ce que nous écrivions dans un texte publié ici le 23 Mai dernier.

« Il est temps de substituer le principe de responsabilité personnelle au sacro-saint principe de solidarité par répartition « que le monde entier nous envie » mais qui a trouvé ses limites. Les marcheurs commencent à percevoir cette nécessité à l'horizon.

Il leur reste a bien ajuster leurs bésicles. »

Nous avons pu voir monter au créneau un débatteur pour ironiser en prétendant que ce président espérait résorber le chômage en responsabilisant les pauvres.

Voilà un modèle d'idée tronquée, falsifiée.

Responsabiliser tout le monde c'est faire appel à tous les individus quelles que soient leurs richesses.

N'en déplaise au persifleur, intéresser les plus pauvres à leur destin personnel par leur formation et leur ardeur au travail n'a rien d'illicite, d'immoral, de déshonorant. Et cela n'exclut pas d'appeler les citoyens, aisés ou riches, à la responsabilité et à la solidarité par la modération de leurs appétits. Ce sont là deux modes d'action complémentaires préférables à la volonté de coercition sous-jacente aux critiques les plus vives. Mais cela exige du temps, de la continuité, de la cohérence et le sens des réalités qui ne sont pas les choses du monde les mieux partagées.

Voici en contrepoint un exemple de discontinuité, d'incohérence et d'irréalisme donné par un ministre qui semble avoir été bien pris en tutelle par son administration.

Ne vient il pas d'annoncer qu'il était envisagé de supprimer le bénéfice du taux réduit de TVA, notamment pour les travaux de rénovation immobilière.

Ce taux réduit entrait pourtant dans les modes d'action qui participaient d'objectifs politiques que l'on nous serine depuis de nombreuses années et qui ne sont toujours pas atteints :

 

  1. Réduire les inégalités sociales;
  2. Adapter l'action sociale aux besoins vitaux des individus et des familles ;

  3. Résorber la crise du logement et accueillir convenablement les nouveaux migrants ;

  4. Créer des emplois et réduire le chômage ;

  5. Lutter contre le travail clandestin ;

  6. Rénover l'immobilier pour économiser l'énergie et contribuer à la transition énergétique.

Souvenons-nous que nous sommes en période d'examen. Avec de telles déclarations devant un jury populaire, on risquerait d'obtenir un zéro éliminatoire en chacune de ces disciplines.

Les esprits frappeurs se sont frappé le front, c'est là qu'est le génie, pour savoir comment récolter l'argent fou nécessaire pour l'action sociale.

« Leur projet n'est pas d'être aimables. » Jour après jour, ils risquent de nous édifier un paradis pavé de mauvaises inventions.

L'administration fiscale ne doit pas être la quintessence de la société de consommation. Qu'elles soient sous obédience de gauche ou de droite, ni l'une ni l'autre n'ont pour vocation d'asservir leurs sources productives.

 

Pierre Auguste

Le 20 juin 2018